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Newsletter N° 42 – Transition interculturelle

Le 17 octobre 2012 fut une date à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de notre aventure. Toumia et Qamare foulèrent pour la première fois le sol espagnol, prêtes à poursuivre leurs peregrinations sur les traces de leurs ancêtres barbes et arabe-barbes. Ayant probablement reçu le sens de l’hospitalité maure en héritage, les Andalous accueillirent notre petite équipe avec énormément de gentillesse.

C’est au Club de Equitacion Natural de Guadacorte que nous arrivames donc en fin d’après-midi. J’y retrouvai un ami cher, également cavalier au long cours, originaire de Californie. Orion venait de parcourir environ 3000 km de l’État de Veracruz au Mexique, jusqu’à Jaco au Costa Rica… Cela vous rappelle quelque chose ? Les grands esprits se rencontrent dit-on en France et au Mexique « Arrieros somos y por el camino andamos… Y nos encontramos » ! Après cette belle aventure en compagnie de ses chevaux, Orion, infatigable globe trotteur, traversa donc l’Atlantique pour chevaucher un chouilla avec nous et avec un autre grand trotteur, français pour le coup, répondant au noble nom d’Ossy de Blangy. J’aimerais, ici, faire une parenthèse et vous conter l’histoire de ce cheval.

Ossy n’est autre que le p’tit fillot du grand Ourasi. Réformé des courses, il fut alors promis au sombre destin de steak haché. Fort heureusement pour son popotin, l’association des chevaux de l’Orvanne, créée par Agnès et Aurélie, sauva Ossy de la boucherie et lui offrit une vie pépère ces 4 dernières années. Je vous invite à découvrir leur page sur Facebook et à soutenir la mission de ces deux superbes nanas au grand coeur. Abordant le travail et la remise en confiance de leurs rescapés avec une approche éthologique, j’ai pu constaté qu’Ossy s’est incroyablement vite adapté aux exigences du voyage. Habitué à une vie sociale riche, puisque vivant au pré avec ses congénères, il a rapidement trouvé sa place au sein de notre équipe. Il est très facile à manipuler et se connecte très bien avec l’humain, ce qui pour ma part en dit long sur la manière dont il a été travaillé. Ce cheval de 9 ans était parfaitement prêt à prendre la route avec nous en toute sécurité. Bravo à Aurélie et Agnès!

Depuis los Barrios, notre nouvelle équipe internationale donc, s’offrit une sacrée bonne balade jusqu’à Jimena de la Frontera. Seule notre barbe, Qamare, en chaleur, se fit la belle pour aller batifoler avec un espagnol, alors que je l’avais lâchée pour mieux s’engager dans un passage étroit. Le Haras Al Boraq me pardonnera si d’ici 11 mois, un barbe espagnol voit le jour… Vive le métissage!

Et vive l’Andalousie, qui offre aux voyageurs une formidable transition entre l’Afrique du Nord et l’Europe. Tout comme au Maroc, nos hôtes offrent le pain et les olives pour nous mettre en appétit. Selon mes papilles, les olives marocaines sont bien meilleures, mais la soudaine apparition du jambon de pays et du bon vin sont tout à fait à mon gout. J’ai presque envie de vous dire que l’Andalousie, avec son flamenco, son architecture et ses poèmes de courtoisie, réunit le meilleur du monde arabe et du monde latin.

Gatronomique est cette expérience, également pour nos deux juments et Ossy, qui découvrirent et savourèrent l’herbe tendre du Parc Naturel des Alcornocales. Après Jimena de la Frontera, nos amis nous quittèrent et nous reprimes la route entre gonzesses. La gourmandise et la curiosité de Qamare – encore elle – lui valurent une éruption de boutons, suite à l’ingestion d’une plante toxique, inconnue au bataillon, aux abords d’Arcos de la frontera, magnifique petite ville, soit dit en passant.

L’omnipresence de la propriété privée en Europe, de ses barrières, clôtures et barbelés, nous oblige bien plus souvent à camper chez les locaux. Nous recherchons les fermes et plus précisément les gens de chevaux. Et dans le coin, ça ne manque pas! Malgré la crise et le départ de bon nombre de bêtes parties pour l’abattoir, faute de moyens pour les nourrir, cette région regorge toujours de chevaux et de mules. Une bénédiction pour le cavalier au long cours et un régal pour moi qui découvre au fil de la route la Doma vaquera locale.

Nous sommes aujourd’hui au sud de Séville pour deux jours de repos, laissant passer la pluie et la fatigue de Maktoub, qui parcoure désormais ces 20 km quotidiens à la droite de Toumia. Brave pépette !

Le regard profond de mes trois compagnes me rappelle la tranquilité, la beauté et le côté sauvage de l’Atlas. Notre voyage s’est asphalté, urbanisé… L’équipe affiche désormais plus de 1000 km au compteur. C’est un chiffre à la fois symbolique et qui ne signifie rien. Il représente un peu plus du quart de notre itinéraire, c’est en somme un point de non-retour. L’équipe n’en est plus une; en ce jour, nous sommes une famille. Nous dépendons les unes des autres, nous marchons ensemble vers demain. Mais 1000 bornes, ce qu’un chiffre comme un autre; ce qui compte c’est la richesse de l’expérience vécue en chemin. Peu importe la finalité, le rythme, chaque instant compte. Nous pourrions tirer presqu’à vol d’oiseau vers les Pyrénées et être à Poitiers dans les deux mois, peut-être… Cependant, je ne connais pas le Portugal et vous avoue que ses célèbres chevaux et son équitation m’intriguent. Alors, nous vous invitons à faire un détour de plusieurs centaines de km et vous donnons rendez-vous de l’autre côté de la Sierra Aracena, bientôt inch’allah. Hasta luego !

Nous tenons à remercier nos partenaires marocains et francais, comme toujours – mais on ne le dit jamais assez :) Et notre gratitude va presentement envers Mercedes Parias Lopez de Ayala et Lucas (Guadacorte), Juan José Borrero 8El Molino del Conde), José Miguel Santos Caballero (Jimena de la frontera) et son épouse, Ildefonso Garcia Jobacho (Algar), Francisco Peña et sa famille (Arcos de la frontera), Sr. Domingo (Gibalbin), José Bigote (Las Cabezas de San Juan), Sr. Narciso (Los Palacios y Villafranca) et Juan Carlos Zamanillo (Coria del Rio).

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  1. Gwladys, I really enjoy reading about your adventure. Have a safe and memorable trip. Bisous, Jeannette