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Newsletter N°41 – « Patience et solidarité valent mieux que force et que rage »

Dans notre dernière newsletter, nous avions rendez-vous le 31 août pour franchir la mer et poursuivre notre voyage à la conquête de la péninsule ibérique.

Pour se faire, nous avions préparé, de concert avec nos partenaires marocains, notre bilan sanitaire suivant le protocole de 3 prélèvements sanguins. Le premier fut effectué avant le départ, afin de s’assurer que les juments étaient saines et ne présentaient pas de traces d’anémie infectieuse, morve, peste ou dourine, dans leurs anticorps. Le deuxième test fut effectué à la station de monte de Sefrou et celui qui aurait du être le dernier à une dizaine de kilomètres de Chefchaouen.

Nous séjournions alors à l’Auberge Dardara, magnifique propriété, invitées par le maître des lieux, sympathique à notre projet, Mr El Hababi Jaber. Nous profitions de ce havre de paix, pensant à l’époque quitter le territoire marocain dans les 10 jours, après obtention des résultats du laboratoire. Toumia, Qamare, Maktoub et moi-même fûmes ensuite transférées à Tanger en camion; les derniers 100 kilomètres via la nationale étant bien trop dangereux.

Nous fûmes formidablement bien accueillies sur place par Mr Kadiri, directeur du Royal Club Equestre. Profitant de ces dernièrs instants au Maroc, je gardais les yeux rivés vers l’horizon, sur les lumières de Tarifa, situées à seulement 14 kilomètres de Tanger. Comme de nombreux, jeunes et moins jeunes africains, je me mis à rêver d’Espagne, avec une folle impatience de « brûler » la mer. Mais fin août, les lumières de l’autre côté s’assombrirent, pour laisser place à un nouveau jour. Un jour très long, interminable…

Nous apprenions que la quarantaine « mobile » de nos juments n’était pas recevable par les services sanitaires et qu’il nous fallait, par conséquent, recommencer l’opération à zéro… sans bouger! Quelques jours s’écoulèrent, les lumières en face restaient éteintes…

Suite à une nouvelle loi de l’Union européenne, concernant l’importation des équidés; les centres de quarantaine, depuis Juillet de cette année, doivent être agréés par les services sanitaires. La Société Royale d’Encouragement du Cheval (SOREC), tenta alors de trouver un de ces fameux centre à proximité de Tanger. Le hic, il n’existe pas de centres équestres ou d’élevage qui ait déjà entreprit les démarches pour obtenir le statut de centre agréé pour la mise en quarantaine des chevaux.

Début septembre, des nuages gris camouflaient la côte espagnole et mes yeux s’embrumaient… Nos partenaires, ici, se plièrent en quatre, avec le concours de l’ONSSA (services sanitaires marocains) pour débloquer la situation et obtenir une dérogation exceptionnelle nous autorisant à effectuer notre quarantaine au Royal Club Équestre. Sur place, Mr Kadiri isola et adapta deux boxes pour Toumia et Qamare; et le Mardi 18, notre premier prélèvement officiel fut enfin accepté.

La machine est lancée, Tarifa réapparait sous le soleil et nous espérons désormais en attendant l’illumination, l’autorisation finale de poursuivre notre route. Inch’Allah, nous « brûlerons » la mer le 15 Octobre.

Vous me connaissez bien, la patience n’est pas une de mes vertus. Pourtant, face à la réactivité et le belle preuve de solidarité de la SOREC – présidée par Mr Omar Skalli, du Royal Club Équestre de Tanger, de l’ONSSA et de tous nos amis ici; je ne pus que prendre sur moi, reconnaissante; et profitai de cette attente pour faire un saut en France, où entre deux apéros entre chevaux et copains, je préparai discrètement une jolie surprise que nous vous réservons pour la suite de nos aventures.

Semez vos rêves et cultivez votre bonheur! Une page se tourne et un nouveau chapitre commence. Les principales protagonistes de notre histoire, Toumia et Qamare, ont mûries. Elles m’étonnent chaque jour. Belles, fières, courageuses; elles patientent, peut-être elles aussi, en rêvant de nouveaux horizons et de nouveaux pâturages.

Maktoub quant à elle, la troisième marocaine de notre groupe, a bien grandit et ne pourra désormais plus voyager dans les fontes. Grâce aux conseils de mes amis et notamment ceux d’Emile Brager, son dressage de chien de voyage se peaufine. Il nous faudra maintenant trouver une solution d’adaptation du bât pour que Maktoub puisse se reposer pendant que les juments suivront le pas. L’heure est à la menuiserie et la bourrellerie!

Nous espérons vous retrouvez bientôt sur fond de flamenco, mais en poussant les youyous typiques de nos montagnes, ces cris de joies qui font l’identité culturelle de tout un peuple et d’un pays qui a vu naître et grandir cette belle équipe.

Hasta luego, Toumia, Qamare, Maktoub et Gwladys

2 thoughts on “Newsletter N°41 – « Patience et solidarité valent mieux que force et que rage » Leave a comment

  1. Bonjour Gwladys, je te félicite pour ton courage. On s’est rencontrée au MAROC à la soirée organisée par la Sorec. Je t’encourage et te souhaite bon vent pour continuer. Bisous, Chrystel