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Newsletter N°39 – Sac à puces errant sur les pistes du Moyen Atlas

Extrait de mon journal au 5 juillet 2012:
« Bivouac hier soir chez une famille de bergers très sympathique et tellement accueillante que j’ai accepté de dormir dans la chambre commune, où une large fenêtre me donnait la possibilité de surveiller les deux juments attachées à la longue corde. Erreur fatale! Je me suis faite bouffer par les moustiques – j’ai d’ailleurs a priori été la seule (Maghr’babik!) – et j’ai regretté cette décision toute la journée, démangée par les innombrables piqures. »

Extrait de mon journal au 9 juillet 2012:
« Une journée de repos bien méritée après ces deux premières semaines de voyage avec Qamare comme nouvelle coéquipière. Le lac (Aguelmam Azigza) n’est pas d’une beauté époustouflante – je fais la difficile – mais nous a offert la possibilité d’une première baignade, un peu forcée, pour les juments et très agréable pour leur fidèle servante. Hier au beau milieu de la nuit, j’ai enfin compris que mes démangeaisons de ces derniers jours n’étaient pas dues au moustiques, mais bel et bien à des… PUCES! Seul le haut de mon dos est intact, le reste du corps à été parfaitement dévoré. Je ressemble à une gamine avec la varicelle et ça gratte, Bon Dieu, que ça gratte!  NB: Les petits peignes ronds fabriqués ici au Maroc font d’excellents grattoirs et sont plus hygiéniques que mes ongles sales. Au milieu de la nuit dernière, donc, je m’acharnais à courir derrière les puces qui sautaient entre les plis de mon duvet. Un véritable cirque ! M’avouant vaincue, je decidai d’appliquer une autre stratégie consistant en l’évacuation de tous les éléments suspects de ma tente (tapis de selle, sac de couchage, vêtements). J’allumai un grand feu et secouai tous les linges au dessus de la fumée, espérant ainsi faire fuir les intruses. En vain! Ma matinée du jour (09/07/12) fut donc consacrée à la lessive et la désinfection de tout mon matériel, à grand renfort de bétadine, d’eau de javel et de séchage au soleil. Tout est maintenant délavé mais désormais sans bestiole. »

Sac à puces… errant sur les pistes du Moyen-Atlas car depuis Aghbala, nous naviguons sans carte topographique. Notre itinéraire ne dévie donc de l’asphalte (ou plutôt des pistes muletières aménagées en contrebas des routes) que lorsque les locaux nous orientent sur les pistes de traverse. Elles sont souvent bonnes, mais parfois, on s’y perd quand même et avancer devient dangereux. C’est ainsi qu’en remontant l’oued (rivière) entre Aguelmam Azigza et les sources d’Oum er Rbia, Toumia a fait une jolie glissade entre les rochers, avec plus de peur que de mal toutefois. En ce jour du 10 juillet, j’étais fière de mes deux juments qui ont crapahuté fièrement entre les rochers, les pieds à moitié immergés, là où même je n’aurai pas osé passer avec de bonnes mules. Une étape bien difficile de 4 kilomètres, réalisée en 3 heures.

Nous sommes aujourd’hui à l’arrêt pour quelques jours de repos à Ain Leuh, où nous avons été formidablement bien accueillies par les autorités locales et surtout notre hôte, Mohammed Bouaddis. Nous tenons à remercier toutes les bonnes personnes qui nous ont aidé sur ces dernières étapes, et plus particulièrement le Directeur du Haras de Meknès, Dc Mostafa Yaaaraf, Mohamed Izzaz, la gendarmerie royale et les mokkaddems de Mzgouchen et El Herri.

Note: Nous avons passé la barre des 500 premiers kilomètres, avec 19,88 km/jour de moyenne… Une gentille balade, déjà de belles aventures et de nobles rencontres. Nous espérons pouvoir augmenter le rythme progressivement (enfin surtout moi, car j’ai un RV galant à Noël). C’est cependant parfois difficile de se mettre en selle compte tenu de la beauté des lieux et de l’hospitalité des locaux.

A la prochaine et d’ici là, prenez soin de semer vos rêves et de cultiver votre bonheur!

Notre aventure est soutenue par la Société Royale d’Encouragement du Cheval, le Haras Al Boraq, Lestra, la clinique vétérinaire du Chenet à Milly la Forêt et ce projet est lauréat des Bourses de l’Aventure Labalette, avec le concours de la Guilde du Raid.

One thought on “Newsletter N°39 – Sac à puces errant sur les pistes du Moyen Atlas Leave a comment

  1. Que de belles aventures pour le sac à puces et à rêves, ici nous jouons le spectacle entre les averses, mais au moins il pousse de l’herbe pour les chevaux… Tes deux comparses ont l’air magnifiques et courageuses, portes-toi bien et conte nous encore tes belles aventures…