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Newsletter N° 36 – B’slama !!!

Salam Aleykoum! Début Mai, nous avons quitté le Haras de Marrakech pour nous rapprocher des montagnes et entamer la dernière phase de préparation des juments. Nous avons rejoint la station de monte d’Ait Ourir et avons été très généreusement accueillies par la famille de Ajouad que je tiens à remercier pour son hospitalité et son amitié.

C’est le Lundi 21 Mai 2012 que nos troupes se sont mises en marche vers le Haut Atlas. Nous sommes parties sous les feux des projecteurs de la chaîne de station 2M qui souhaitait suivre ce projet et partager ce moment avec leur Audimat. Pour visionner le reportage diffusé, sélectionnez le sujet « Aventure : Marrakech – Poitiers » sur la droite de l’écran de vidéo [vidéos liées]

Notre équipe est partie très tranquillement (bibi à pied), au rythme de 10 kilomètres par jour. Les juments qui ne connaissaient pas les sols inégaux de montagne se sont très vite adaptées.

Je n’ai eu aucun mal pour le moment à trouver du fourrage et du grain pour les chevaux. Lorsque nous bivouaquons près d’une maison ou d’un douar (village) le thé et le pain me sont toujours offerts. Malgré cette hospitalité et la gentillesse des berbères, j’ai rapidement quitté le monde « civilisé » pour me nourrir de paysages plus escarpés, moins humanisés, plus authentiques.

Les montagnes… Mon compagnon (ou plutôt mon ami car le bougre est aussi en voyage actuellement et ne m’accompagne que spirituellement) me disait qu’il ne comprenait pas mon engouement à chevaucher en montagne. C’est bien plus dur et plus fatiguant pour les chevaux me confiait-il. Il a raison ! Et je réfléchis toujours à ma réponse.

Pourquoi les hauteurs… Pour fuir la banalité des paysages plats, fuir la facilité, fuir les hommes qui se sont installées dans les régions les plus propices à leur survie ? Ou bien se rapprocher… Rechercher ce qu’il y a de plus dur justement, gravir, lutter et ressentir enfin cette satisfaction profonde d’être arrivée là où personne ne veut vivre, d’avoir vaincu ? Jouir de ce paysage intact, savourer deux ou trois dattes et quelques amandes. En montagne, chaque chose prend sa vraie valeur: on réapprend l’effort que demande un pas, le réconfort d’un buisson d’épineux offrant un peu d’ombre, l’orgasme que procure une gorgée d’eau prise directement à la source. Se rapprocher de soi donc peut-être, de son Moi, de ses Dieux ? Tenter de toucher la vérité du doigt ou entrevoir, au sein de ses pensées nocturnes, ne serait-ce que son reflet. Etre libre, libre de penser sans jamais être déranger (même les moustiques ne s’aventurent pas en altitude). Penser plus clairement, plus justement.

Oups, je divague, revenons en à nos moutons! Les premiers jours de marche se sont donc très bien déroulés et nous avons traversé des lieux dont la beauté pittoresque est difficile à décrire. Voici donc quelques photos, notamment du Lac Ait Adel:

Le voyage au long cours est une succession de coups de cœur et de coups de gueule, de moments de félicité mais aussi d’obstacles et de difficultés à franchir.

Notre vétérante El Batta, jument de bât, a fait preuve d’un courage sans pareil durant ces premiers jours de voyage. A ma grande surprise et avec 65 kg de charge sur le dos, je n’ai vu ni gonfle, ni aucune plaie de harnachement apparaître sur cette jument qui pourtant n’avait d’autres préoccupations jadis que de faire des bébés et de pâturer avec ses copines poulinières. Il y eut quand même un hic! Les sentiers accidentés ont eu raison d’une vieille boiterie (un coup reçu au niveau du boulet il y a plus d’un mois) qui a ressurgit progressivement et qui malgré le repos et les soins n’a fait qu’augmenter les derniers jours.

Nous sommes donc redescendues de notre paradis atlin (bah oui, alpin => atlin) vers la ville de Demnate où un camion de transport du Haras de Marrakech est venu chercher notre coéquipière hier. El Batta est en route vers Rabat ce matin même où des radios seront effectuées et selon le diagnostic, les soins appropriés lui seront administrés afin qu’elle réintègre l’équipe un plus loin, inch’allah.

Nous nous retrouvons donc en duo, Toumia (le bébé national) et moi-même. Afin de repartir demain, cela fait deux jours que je travaille à l’adaptation de mon matériel. J’ai donc un tuyau à partager avec les intéressés à ce sujet d’ailleurs: les cabas marocains sont une formidable invention. Ils sont très résistants et faciles à travailler. J’ai fabriqué une paire de fontes un peu particulière très solide avec deux simples cabas. Et ma foi, les couleurs chatoyantes donnent un air de fête à notre barda.

Nous repartons donc demain, un peu le vague à l’âme mais comme le dit le proverbe mexicain « No hay mal que por bien venga » (Rien – de mal – n’arrive sans raison). El Batta nous manquera fortement les prochains jours. Je me dois de saluer la générosité et la détermination de cette jument qui en dehors du fait d’avoir des qualités physiques incontestables, m’a épatée par sa volonté à suivre notre groupe – même en liberté – alors que son antérieur droit la faisait souffrir. Je n’ai jamais sentie de tension de la longe de bât même quand à la fin, elle avait du mal à poser le pied !

Nous tenons à remercier le sheir Lhoussine OUASSAMSITE (Douar Taourirte), le Bacha de Demanate Radouane, Sidi Abdelslam Ait Machkouri et son épouse Aicha, l’équipe du Haras de Marrakech pour leur réactivité et enfin – last but not least – la Société Royale d’Encouragement du Cheval présidée par Monsieur Omar Skalli pour leur soutien et leur aide précieuse au quotidien – même dans les moments de galère!

Nous sommes également heureux de vous annoncer que l’expédition Maroc-France est Lauréate 2012 des Bourses Labalette Aventure avec le concours de La Guilde. Une très jolie somme nous a été attribuée pour mettre du beurre dans les pa^tes, ou plutôt dans le couscous. Choukran :)

The show must go on, l’aventure continue!
Amitiés, Gwladys

2 thoughts on “Newsletter N° 36 – B’slama !!! Leave a comment

  1. J’espère pour l’équipe que El Batta va se remettre rapidement de cette boiterie. Tu nous feras une photos de ton cabas marocain modifié par tes soins ? Pour moi c’est départ le 1er juin mais pour un parcours beaucoup moins poétique et beau que le tiens !!

    Bisous,

    Gérald
    PS : j’ai envoyé les sacs à grain chez ta maman.

  2. C’est avecc beaucoup d’émotion et d’intérêt que je prends connaissance de la Newletter N° 36 et des infos parues le mercredi 23 mai 2012.
    Tous mes compliments à la Société Royale d’Encouragement du Cheval, à sa formidable équipe et à la jeune et talentueuse cavalière Gwladys Lecarpentier.
    Courage et persévérance.
    Nelly Davies.