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Newsletter N° 35 – Préparation du voyage au Haras de Marrakech

Salam aleykoum aux âmes rêveuses et voyageuses, les préparatifs de notre future expédition touchent bientôt à leur fin. Mais remontons un peu les horloges…

Notre vétérante barbe, El Batta, nous a rejoint début Avril. En un sens, cette jument me fait penser à Pinta, ma fidèle compagne d’Amérique centrale, qui a fièrement transporté entre 40 et 70 kilos de charge il y de ça maintenant de deux ans. El Batta, forte de son expérience, est arrivée au Haras assez réservée et toujours l’œil un poil méfiant ; mais a fait preuve d’une réelle bonne volonté au travail. Petit à petit, nous fîmes connaissance et Batta m’a récemment gratifiée d’un superbe toilettage mutuel, autrement appelé « hallow grooming » par les férus d’éthologie. Jadis, un chouilla trop choyée à mon sens au Haras Al Boraq (son propriétaire aime sans compter !), la belle a perdu quelques kilos superflus et cette nouvelle ligne lui va à merveille. Quant à notre jeune Toumia, le bébé du groupe, c’est devenu un vrai pot de colle !

Un premier bilan sanguin a été effectué et les résultats s’avèrent négatifs (ce qui est une bonne chose). Les carnets de vaccinations sont à jour, les ascaris et autres parasites en tout genre ont rendu l’âme, les pieds sont parés d’aplomb et un dentiste devrait prochainement venir vérifier l’état des quenottes des deux juments. L’homme de cheval et cavalier au long cours doit savoir se débrouiller seul : ferrer, soigner, dresser, bourreler, et raboter les surdents mais quand on a un professionnel sous la main, cela vaut toujours mieux qu’un travail grossier à la râpe de maréchalerie. A chacun son métier !

Notre équipe se prépare donc avec joie et entrain ; et le contraire serait bien malheureux dans un cadre aussi splendide. Parlons-en un peu d’ailleurs…

Le premier Haras de Marrakech a été construit, selon mes sources, en 1912, au cœur de la ville à côté des jardins de la Ménara. En 2008, il s’est refait une beauté et est aujourd’hui situé au sud de la ville. Reconstruit dans le respect de l’architecture locale, en pénétrant dans le haras avec ses formes semi-pyramidales et ses couleurs ocres, on est directement plongé dans une atmosphère orientale des plus raffinée. Pour les avoir utilisées pendant plus d’un mois, les installations sont véritablement bien pensées et notre équipe a eu beaucoup de chance de travailler dans un décor aussi idyllique ces dernières semaines.

A ce sujet, je tiens d’ailleurs à remercier de tout coeur la SOREC qui m’a ouvert les portes de son Haras. Pour leur accueil et leur aide précieuse au quotidien, j’écris un grand choukran au Dc. Chakdi (Directeur du Haras de Marrakech) et à son épouse pour les succulents coucous du vendredi, au Dc. Ouardouz (vétérinaire du Haras) ainsi qu’à tous les employés qui se sont mis en quatre dès que j’avais besoin d’un coup de main – certains même ont revêtu la casquette d’acteur pour la réalisation de mon documentaire – il y a des talents cachés au Maroc :) . Également, je remercie Amine, un stagiaire du Haras qui m’a assisté dans mes tâches au quotidien et n’a pas hésité à monter aussi sa tente pour veiller sur les juments la nuit ; j’espère qu’au-delà d’avoir compléter ses connaissances en matière de chevaux, il aura aussi goûté un peu à la vie des cavaliers au long cours et je suis certaine que sa prochaine paire de babouches abîmée ne partira pas chez le cordonnier mais qu’il sortira son alène et exécutera un point de sellier digne d’un bourrelier. Enfin, je rends mes hommages à notre cuisinière Fatiha (oui, oui, j’étais vraiment gâtée hein !) et ses plats de chef qui sont eux-mêmes une invitation au voyage et aux jeunes de la troupe d’arts équestres pour leur énergie, leur gentillesse, leurs acrobaties et le sympathique anniversaire surprise qu’ils m’ont offert.

La date du départ approche, direction les reliefs et les températures versatiles du Haut Atlas… Un périple qui s’annonce très formateur, voire assez rude au départ pour Toumia, encore très jeune, qui vivait à Meknès et El Batta qui a quitté les chaudes plaines verdoyantes du Haras Al Boraq, situé à Ben Slimane. Je projette de partir donc lentement et à pied afin que mes deux co-équipières prennent du plaisir à la tâche et apprécient cette nouvelle vie nomade, par monts et par vaux, à la rencontre de nouveaux pâturages.

A tout bientôt inch’allah et d’ici là, prenez soin de semer vos rêves et de cultiver votre bonheur.

Mes lectures du moment:
Ce n’est pas parce l’on joue à l’enfant sauvage qu’il ne faut plus s’instruire…

HIPPOMANIE – Jean-Louis Gouraud (Ed. Favre)
« L’hippomanie – autrement dit l’amour du cheval – est une affection (c’est le cas de la dire) qui consiste principalement à rechercher en permanence, et de façon quasi obsessionnelle, la compagnie des chevaux, à éprouver le besoin viscéral de les sentir, les toucher, les fréquenter. Dans sa forme la plus grave, elle amène celui qui en est atteint à voir des chevaux partout. Et même, lorsqu’il n’y en a pas, à en inventer, en rêver: le cheval est leur fanstasme. »

Le seul bémol que je me permettrais d’émettre, car je n’en vois pas d’autres, est le poids (1 kg dixit mon peson à ressort) de cette oeuvre que nous offre Jean-Louis Gouraud. Lui même grand voyageur au long cours, il aurait pu penser aux copains aventuriers et faire éditer une version plus compacte ou en deux tomes (rires).

3 thoughts on “Newsletter N° 35 – Préparation du voyage au Haras de Marrakech Leave a comment

  1. Bon courage, ma puce. Dommage, je ne suis pas au Maroc en ce moment. Je te souhaite une très bonne aventure. Gros bisous

  2. A l’heure qu’il est tu dois arpenter les chemins du Haut-Atlas, tu ne peux pas t’imaginer ce que ferais pour être à ta place (ou avec toi). Profite bien, fais toi plaisir avec tes formidables compagnons et ramène-nous plein de rêves !!! A bientôt peut-être sur les chemins de France. Besitos !