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Newsletter N° 15 – « Michoacán »‏

Amis voyageurs et rêveurs, Equiaventuras continue sa route et nous voilà – Chichen, la Pinta, Gwladys, René et son vélo – rendus à Caleta de Campos à 57 km de Puerto Lazaro Cardenas. Beaucoup de personnes nous avaient fortement déconseillés de passer par cette région réputée trop dangereuse à cause des narcotrafiquants et de la présence de l’armée.

En arrivant juste avant la Placita, on nous a prévenus qu’il y avait un conflit avec les indigènes qui bloquaient le passage des voitures. Nous avons donc passé la nuit avec les soldats (« Marinos »).

Le lendemain on a remercié et on a filé doux pour ne pas être remarqués avec nos amis de la veille. En arrivant sur le lieu du dit conflit, on a, en fait, été très bien accueillis. Les indigènes ici parlent plus nahuatl (dialecte utilisé par les aztèques) qu’espagnol et n’ont pas accès à l’éducation et certains autres programmes d’aide du gouvernement. Ils nous ont expliqué que les mexicains métisses et éduqués leur volaient leurs terres en leur faisant signer des documents dont ils ne comprenaient pas le contenu. Le gibier des montagnes disparaît lui aussi peu à peu à cause de la chasse intensive et ne laisse pas grand chose à ces gens qui survivent de ce que leur offre la nature locale.

En descendant plus au sud-est, on voit moins d’indigènes mais beaucoup plus de curieux et les questions des passants se font plus oppressantes. Les regards sont plus matérialistes et on se sent moins en confiance. Il y a quelques jours, nous étions dans nos tentes au bord d’une rivière quand une camionnette est venue jusqu’à nous pleins phares et a fait demi-tour pour s’arrêter 50 mètres plus loin. Pendant ce temps, nous étions déjà sortis des tentes, en planque non loin de là,  avec poignard pour René et machette pour Gwladys. Les types sont restés un instant sans bouger et puis sont repartis. Tentative de vol, RV pour échange pas très catholique ou seulement avaient-ils projeté un bain de minuit? On ne saura jamais… Nous cherchons maintenant à camper plus proche des habitations.

Autant l’accueil des militaires à l’entrée du Michoacán était sympathique, autant il devient beaucoup plus musclé par ici… Hier, un camion bourré de petits hommes verts me dépasse et me bloque le passage. Une dizaine de soldats descendent armés jusqu’aux dents. Papito est 200 mètres plus loin et Chichen, passé cheval de tête, pile devant l’assaut. On me demande très sèchement de déballer les sacoches. J’explique notre voyage pendant que les militaires ouvrent mes sacs sans permission aucune. On me demande si je transporte de la drogue ?!?

« Mais oui bien sûr, je me suis dit qu’avec deux chevaux et mon vieux en vélo sur la nationale 200, ça serait plus discret pour faire mon petit trafic! »

Bref, mon journal fait le tour du bataillon et on me laisse repartir en me disant de faire attention ?!? Je retrouve Papito plus loin qui gueule sur les militaires – en français Môsieur – qui lui ont fait déballer tout son barda.

In fine, le Michoacán est une région magnifique. Le danger ne réside pas chez les indigènes, au contraire, mais dans tout ce qui touche de près ou de loin à la drogue. Malheureusement, la connexion Internet ici étant trop faible, nous ne pouvons pas vous envoyer les dernières photos mais souhaitions donner des nouvelles. La suite au prochain épisode… direction sud-est.

Hasta luego! Gwladys & René

PS: Petit bilan… L’équipe Equiaventuras est partie il y a 44 jours, dont 17 jours d’arrêt. Nous avons parcouru à ce jour 467 km à cheval et 200 en van, soit 667 km au total. Nous avançons en moyenne de 20 km par jour de marche. Les chevaux, mes fesses et le vélo de Papito sont encore en rodage et il fait encore très chaud. Le timing prévisionnel prévoyait 28 km par jour – tans pis – j’ai été trop gourmande sur ce coup-là. J’espère pouvoir augmenter petit à petit le rythme.