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Newsletter N° 10 – « Arrrgh…. ces fonctionnaires! »‏

Amis voyageurs, « […] Et le septième jour, l’homme créa les administrations… On aurait dû se satisfaire du paradis terrestre sans essayer de le découper en continents, états, régions, départements, etc. Depuis des siècles, l’humanité lutte pour sa liberté. Il n’y a pas si longtemps pour certains, l’horizon n’allait pas plus loin que le champ de coton du maitre. »

François et moi sommes en guerre pour être libres de voyager, une guerre moderne, une guerre d’usure…
Certificats de propriété, de bonne santé, carnets de vaccinations en main, je – Gwladys – pars à la SAGARPA (Secretaria de Agricultura, Ganaderia, desarrollo rural, pesca y alimentación) de Puerto Vallarta pour obtenir un certificat d’exportation requis par l’ambassade du Guatemala. On me renvoie vers une succursale dans un autre quartier. La succursale me renvoie au point de départ, où on m’avoue ne pas être autorisé à émettre un tel document. Il faut donc que je me rende à Guadalajara (6 heures de route), la capitale de l’état de Jalisco. Après 6 heures de bus et 3 heures d’attente devant les portes de la SAGARPA à Guadalajara, le chef du département de la santé animale m’explique qu’il n’existe pas de document pour passer la frontière si ce n’est pour les chiens et les chats en tant qu’animal de compagnie ou pour les équidés dans le but de vendre ou d’exposer. Apres une bonne heure de blablatage et 1 ou 2 larmes (ça marche bien aussi ça !), le chef conclut qu’il veut bien me donner ce fameux document mais que le système (les ordinateurs) ne marche pas… Il conseille
de se rendre à la SENASICA (Servicio Nacional de Sanidad Inocuidad y
Calidad Agroalimentaria
) qui possède un bureau à l’aéroport de Puerto Vallarta. « Dites-leur que vous venez de ma part et eux, ils pourront vous donner cette autorisation d’exportation ». A l’aéroport, le type en uniforme me dit qu’il n’a le droit de délivrer le papier magique que pour les chiens et les chats. « Bah, si je rajoute une truffe aux chevaux et des moustaches à la mule, ça passe? ». J’apprends également après toutes ces jolies promenades que la fameuse autorisation n’est valable que 30 jours… « Alors 2400 km en 30 jours, si on ne dort pas, si on ne mange pas et si on ne fait même pas pipi… Laissez-moi calculer… Non, ça va être difficile même en dopant nos chevaux! »

OK PLAN B: On va faire délivrer le formulaire d’exportation à Guadalajara (le système a été rétabli aujourd’hui mais n’est pas encore opérationnel, allez comprendre). De là, il
est prévu que je fonce à Mexico city, la grande polluée pour aller faire tamponner tout ça. Quand on sera dans les Chiapas on devra obtenir une autre autorisation. Nous aurons donc à la frontière une autorisation d’exportation légalisée par l’ambassade du Guatemala mais périmée et une nouvelle non tamponnée mais en cours de validité. C’est presque comique!

Une chose est rassurante, on ne sera pas dans l’illégalité dans la mesure où les chevaux ne sont plus considérés comme un moyen de locomotion (ça avance plus assez vite pour aller au travail le matin), ni comme des animaux de compagnie (c’est trop encombrant et ça fait pas caca dans une litière). Et non, un cheval c’est une simple marchandise mais les documents sont faits pour des marchandises chargées en camion, bateau, avion… bref qui ne se déplacent pas toutes seules… Euh, les iguanes qui passent la frontière, ils n’ont pas de permis eux… En fait, comme les chevaux ne sont pas des animaux de compagnie; si on y pense, c’est quoi la différence entre un iguane et un cheval qui va voir si l’herbe est plus verte de l’autre côté? Pardon si je m’égare!

On sait ça fait partie de la guerre, euh… du voyage mais c’est quand même rageant… On garde le moral ne vous en faites pas et les troupes sont plus que motivées. On vous embrasse tous!

Rendez-vous au prochain numéro, hasta luego :)

Gwladys & François

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